Mercredi 10 septembre 2008
Depuis des mois déjà, avec un ton anxiogène, les médias français parlent de la crise économique et du pouvoir d'achat en baisse. Les magazines TV
de la rentrée abordent de plus en plus le sujet de la consommation, le meilleur exemple étant la nouvelle émission Service Maximum de Julien Courbet sur France 2.
Dans la vraie vie, tout est bon pour réaliser des économie. Les systèmes de vente aux enchères comme Ebay sont désormais un classique. D'autres solutions, auparavant marginales ou inexistantes,
font surface et rencontrent un certain succès, notamment grâce à Internet qui permet la mise en relation des personnes sur des sites spécialisés. On est loin du traditionnel vide-greniers du
dimanche :
Exemple 1 :
J'ai besoin d'une perceuse pour faire 2 trous, c'est idiot d'en acheter une juste pour ça.
Eh bien non, je vais sur Zilok ("The Loc"), où des particuliers proposent leur propre perceuse. Ou un objectif de reflex numérique. Ou une salle
pour faire une fête. Ou un GPS, une villa, un nettoyeur vapeur, des livres, des chaises, un lecteur DVD portable, une poussette...
Avec Zilok, l'objectif est clair et malin : réaliser des économies en pouvant bénéficier de l'objet qui doit servir de 1 jour à 1 semaine dans l'année. Car si vous n'avez pas cet objet qui vous
fait cruellement défaut, probablement que votre voisin l'a. Et le-dit voisin sera, de son côté, content de rentabiliser son achat qui lui sert si peu.
Exemple 2 :

Je pars à New-York le mois prochain, mais l'hôtel, malgré la baisse du dollar, est cher.
Solution : aller sur le site Couchsurfing, "le réseau mondial pour connecter les voyageurs avec les communautés locales
qu'ils visitent". Le principe : vous proposez votre canapé ou votre chambre d'amis gratuitement aux inscrits sur le site.
En échange, quand vous irez à NY, un autre membre de la communauté vous proposera son canapé, et vous réalisez ainsi des économies sur l'hôtel. De plus, vous partagerez un moment de vie, et
vous gagnerez peut-être des amis. Le site marche très bien, à l'heure des voyages low cost, et voici les chiffres affichés sur la page d'accueil du site :
|
CouchSurfeurs
|
725,731
|
|
Expériences réussies de surf ou d'hébergement
|
646,877
|
|
Amitiés créées
|
788,270
|
|
Expériences positives
|
1,289,710
|
|
Pays représentés
|
231
|
|
Villes représentées
|
47,932
|
Sinon, si je veux la maison ou l'appartement pour moi tout seul et ma famille, j'échange ma maison contre celle de quelqu'un d'autre pour la semaine (www.echangedemaison.com)
Exemple 3 :

Le dernier pull de la marque X me plaît mais il est trop cher pour moi.
Qu'à cela ne tienne, je recherche d'autres personnes intéressées pour acheter le même pull que moi.
En achetant en groupe, je bénéficie d'une réduction. Le Centre Commercial des 4 Temps à la Défense, a organisé cette opération du 2 au 5 avril 2008 : "Achetons Groupés". Une opération qui sera peut-être renouvellée.
Le risque est de ne pas trouver de partenaires d'accord pour acheter le même vêtement.
L'avantage pour les marques vestimentaires est qu'au lieu de vendre 1 pull, elle en vendra trois, même en réduisant ses marges.
Exemple 4 :

La semaine prochaine, je bois un café avec Paris Hilton, mais je n'ai pas de it-bag !!!
Pas de panique, d'ici là j'aurai "mon" dernier sac Louis Vuitton Manhattan. Evidemment je ne lui dirai pas que je l'ai loué 60 euros la semaine. D'ailleurs je vais vite réserver, il est sur liste
d'attente !
Chez www.feelchic.fr, www.sacdeluxe.fr, www.sacdunjour.com ou www.luxiana.fr.
Point positif pour les marques : elles s'affichent davantage dans la rue. Et elles vendent probablement plus de sacs, car des études montrent que souvent, essayer c'est convaincre, et c'est
d'autant plus vrai si la cliente désire déjà le dit-produit.
Point positif pour les filles : elles peuvent enfin déculpabiliser tout en se faisant plaisir pour accéder temporairement à leurs rêves (sauf si bien sur la fashionata loue un sac 54 semaines par
an).
Exemple 5 :

J'ai invité mon boss à dîner mais mes murs sont vides (à part les photos de la pétanque de cet été)
Aucun souci, je vais sur Zilok ou Cyx Art et je loue une toile originale ou la reproduction d'un maître pour la semaine !
A vous de voir :
• Est-ce que ces systèmes se développent seulement pour une question d'économies ?
• Ne serait-ce pas également dans la foulée des réseaux sociaux, comme Facebook, pour rendre la consommation "plus humaine" ?
• A force d'émissions TV de décryptage des machines mercatiques, le consommateur n'a-t-il pas envie d'avoir l'impression de sortir du système de consommation (si ces systèmes en sortent...)
?
• Est-ce une nouvelle forme de solidarité ou de consumérisme ?
Les sites internet répertoriés dans cet article ne sauraient être exhaustifs. Ils sont cités à
titre d'exemple.
Vendredi 23 novembre 2007
Au Canada, une chaîne grandit avec succès : Dollarama. C'est un magasin où chaque produit se vend au prix unique de 1
$ (canadien) hors taxes (15% au Québec, moins dans les autres provinces).
Dans ce magasin, on peut trouver de tout et de rien. Il s'agit rarement de choses essentielles, pourtant on se
laisse envahir par l'étonnement d'acheter à un prix immuable. Ainsi pour 1$, on trouve par exemple :
- des cahiers, des carnets, des agendas, des stylos par pack, des classeurs, des massicots
- pour les enfants, un costume de policier, d'indien ou de militaire ou encore une grosse boite avec un train entier à assembler et le circuit en rails
- un pack de 100 élastiques à cheveux et barettes
- des rallonges électriques multiprises, des ampoules, des piles, des ustensiles de cuisine (très grand rayon)
- des détergents, du liquide-vaisselle, des petits tapis
- des bibelots (faut aimer...), des lampes de poche Led,
- des soupes chinoises (2 pour 1 $), du chocolat, des biscuits, des bonbons
- des guirlandes de Noël, des décorations pour le sapin
- des savons, des shampoings...
On trouve aussi des MDD (marques de distributeur), donc des fabrications spéciales siglées Dollarama, et parfois des marques, comme un shampoing Elsève (mais dans un petit pack).
Côté décor, la lumière provient de néons et les étagères de présentation sont sommaires (comme dans certaines vieilles boutiques de bricolage ou certains
supermarchés low cost). On est pas là pour faire beau, puisque l'attraction du lieu est le prix.
Le système est si simple qu'à la caisse, les hôtesses comptent le nombre d'article tout en les mettant dans les sacs, puis le saisissent et la taxe est ajoutée. Pas de paiement par carte (sauf
quelques cartes de débit canadiennes, je crois), le liquide prédomine.
Sur le site Internet, une page unique et minimaliste propose uniquement de "Rejoindre la foule".

Le tarif unique de 1 $ fait poser la question du prix réel des produits. Je pense que certains valent plus et d'autres, beaucoup moins. Néanmoins, cela donne la sensation de souvent payer trop
cher (ce qui explique aussi par chez nous le succès du hard-discount) et de trouver chez Dollarama pour certains produits, le juste prix.
Par exemple, j'ai vu là-bas des bandeaux à cheveux vendus par 12. Dans un magasin français, j'ai repéré ce bandeau, strictement identique, vendu 3 euros la pièce. Autre exemple, et le mieux est
que vous vous répondiez vous-même à la question : à combien estimeriez-vous en vente en France un cahier A5 avec une couverture rigide en PVC, comprenant 3 découpes de papillon, avec
des papillons de la couleur de la couverture imprimés sur chaque page, et un marque page en forme de papillon, quand un cahier
A5 standard sans marque est vendu en France environ 1 € ?
Mon hôte à Montréal m'a dit qu'à l'ouverture de ces magasins, les gens avaient honte d'y aller. Un peu comme chez nous dans les années 80, lorsque les gens niaient se rendre chez Tati.
Aujourd'hui, tout le monde va chez Dollarama.
Evidemment pour le prix, tout ou presque provient d'Asie, ce qui peut poser des problèmes de conscience, car on se demande à combien s'élève le salaire des employés. Mais, quelle entreprise ou
enseigne ne se fournit pas aujourd'hui en Asie ? Wal-Mart, Sears, et ne serait-ce que chez nous, presque toutes les marques ont délaissé les usines en France pour se délocaliser, qu'elles soient
dans l'automobile, la mode, l'électroménager, la high tech...
Alors, je ne peux m'empêcher de me demander : "à quand un Eurorama ?".
Vendredi 28 septembre 2007
En octobre, VW célèbre à Hannovre les 60 ans de son Combi.
Du Bulli au Multivan, ce véhicule qui a marqué notamment les 70's n'est pas prêt de tomber dans l'oubli ! Preuve en est, sa dernière apparition en guest
star dans le film "Little Miss Sunshine".

Dixit un article du Monde qui date de quelques mois maintenant, ce format base utilitaire / intérieur de véhicule particulier serait désormais l'apanage des Bobos : Mercedes Viano, VW
Multivan, Fiat Scudo, Renault Trafic...
Pour ces super-volumes multifonction (voiture particuliière, transport de passagers, transport de marchandises, véhicule professionnel, version camping-car, le tout transformable instantanément à
volonté selon les options achetées à la base) peut-on parler de monospace ?
Il est fort à parier que cet anniversaire qui marque une longévité exceptionnelle pour un véhicule (du même ordre que la Cox) aura des répercutions sur l'ensemble de ce segment de niche
automobile, les "Minibus".
Vendredi 14 septembre 2007
Dans l’automobile, il est devenu tendance de faire du neuf avec du vieux. A ne pas confondre avec le marketing rétro (par exemple, la reproduction de boites de
Banania en métal).
Là, nous parlons d’autre chose : du marketing de la nostalgie.
C’est ainsi que l’on assiste à la résurrection de modèles cultes qui ont cessé d’être fabriqué mais que le public garde dans son cœur et n’a jamais oublié, tellement ils ont marqué leur époque et
ce, parfois sur plusieurs générations.
C’est ainsi que Fiat a récemment lancé sa nouvelle Fiat 500, précédée de la Mini, de la New Beetle…
De ces versions remises au goût du jour, ne reste finalement du modèle original que la silhouette, celle qui a tant marqué les esprits (même si VW, avec sa new
Beetle, a poussé le détail jusqu’à intégrer un soliflore en hommage aux années Peace & Love sur les modèles des années 70’s tels que la Cox 1303). Tout le reste change, les voitures subissent
des changements profonds.
Par exemple, la Cox d’antan se caractérisait par son moteur logé à l’arrière de la voiture, dans le coffre. Dans la New Beetle, il est classiquement passé à l’avant. Essayez maintenant de refaire
le film Coccinelle avec un moteur à l’avant, tiens. Et avec son nouveau moteur, où est donc passé ce bruit si spécial qui permettait de la reconnaître les yeux fermés ? Entre la Fiat 500
et la New Fiat 500, environ 58 cm de longueur les séparent : peut-on encore parler de « pot de yaourt » ? Ce ne sont que 2 exemples, mais qui illustrent tous les changements.

Donner une nouvelle vie à un modèle apporte de nombreux avantages : ça permet de gagner du temps et de l’argent, car la notoriété, l’image et la popularité du véhicule sont déjà fortement
imprimées dans la mémoire collective.
Mais ce n’est pas fini. Il existe un projet que je trouve étonnant et aussi très intéressant. Un symbole du communisme disparu à la fin des années 80, à la fin du mur de Berlin, pourrait renaître
de ses cendres. J’ai nommé, la voiture économique et unique de la RDA… la Trabant !!!
Une société tâte le terrain pour relancer cette voiture du peuple et présentera une maquette à l'imminent Salon automobile de Frankfort.
Pour avoir une Trabant (tout de même disponible en quelques versions telles que tricorps, combi…), l’acheteur devait la commander et s’armer d’une patience sans nom, environ 8 ans (oui, oui),
avant de l’avoir et enfin d’être propriétaire d’une voiture !
Et, Camarade, il ne fallait tout de même pas espérer avoir le choix de la couleur…
Par ailleurs, cette voiture avait une singularité : pour parer au manque d’acier en période de guerre froide, sa carrosserie était constituée de fibre de verre (un composite de plastique et fibre
de coton).
À quand la New 2 CV ?!
Commentaires