Vendredi 23 novembre 2007
Au Canada, une chaîne grandit avec succès : Dollarama. C'est un magasin où chaque produit se vend au prix unique de 1
$ (canadien) hors taxes (15% au Québec, moins dans les autres provinces).
Dans ce magasin, on peut trouver de tout et de rien. Il s'agit rarement de choses essentielles, pourtant on se
laisse envahir par l'étonnement d'acheter à un prix immuable. Ainsi pour 1$, on trouve par exemple :
- des cahiers, des carnets, des agendas, des stylos par pack, des classeurs, des massicots
- pour les enfants, un costume de policier, d'indien ou de militaire ou encore une grosse boite avec un train entier à assembler et le circuit en rails
- un pack de 100 élastiques à cheveux et barettes
- des rallonges électriques multiprises, des ampoules, des piles, des ustensiles de cuisine (très grand rayon)
- des détergents, du liquide-vaisselle, des petits tapis
- des bibelots (faut aimer...), des lampes de poche Led,
- des soupes chinoises (2 pour 1 $), du chocolat, des biscuits, des bonbons
- des guirlandes de Noël, des décorations pour le sapin
- des savons, des shampoings...
On trouve aussi des MDD (marques de distributeur), donc des fabrications spéciales siglées Dollarama, et parfois des marques, comme un shampoing Elsève (mais dans un petit pack).
Côté décor, la lumière provient de néons et les étagères de présentation sont sommaires (comme dans certaines vieilles boutiques de bricolage ou certains
supermarchés low cost). On est pas là pour faire beau, puisque l'attraction du lieu est le prix.
Le système est si simple qu'à la caisse, les hôtesses comptent le nombre d'article tout en les mettant dans les sacs, puis le saisissent et la taxe est ajoutée. Pas de paiement par carte (sauf
quelques cartes de débit canadiennes, je crois), le liquide prédomine.
Sur le site Internet, une page unique et minimaliste propose uniquement de "Rejoindre la foule".

Le tarif unique de 1 $ fait poser la question du prix réel des produits. Je pense que certains valent plus et d'autres, beaucoup moins. Néanmoins, cela donne la sensation de souvent payer trop
cher (ce qui explique aussi par chez nous le succès du hard-discount) et de trouver chez Dollarama pour certains produits, le juste prix.
Par exemple, j'ai vu là-bas des bandeaux à cheveux vendus par 12. Dans un magasin français, j'ai repéré ce bandeau, strictement identique, vendu 3 euros la pièce. Autre exemple, et le mieux est
que vous vous répondiez vous-même à la question : à combien estimeriez-vous en vente en France un cahier A5 avec une couverture rigide en PVC, comprenant 3 découpes de papillon, avec
des papillons de la couleur de la couverture imprimés sur chaque page, et un marque page en forme de papillon, quand un cahier
A5 standard sans marque est vendu en France environ 1 € ?
Mon hôte à Montréal m'a dit qu'à l'ouverture de ces magasins, les gens avaient honte d'y aller. Un peu comme chez nous dans les années 80, lorsque les gens niaient se rendre chez Tati.
Aujourd'hui, tout le monde va chez Dollarama.
Evidemment pour le prix, tout ou presque provient d'Asie, ce qui peut poser des problèmes de conscience, car on se demande à combien s'élève le salaire des employés. Mais, quelle entreprise ou
enseigne ne se fournit pas aujourd'hui en Asie ? Wal-Mart, Sears, et ne serait-ce que chez nous, presque toutes les marques ont délaissé les usines en France pour se délocaliser, qu'elles soient
dans l'automobile, la mode, l'électroménager, la high tech...
Alors, je ne peux m'empêcher de me demander : "à quand un Eurorama ?".
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